Une « marée blanche » d’huile de palme se répand au large de Hong Kong

Mauvaise Haleine

Après la collision de deux navires, dont l’un transportait d’importantes quantités d’huile de palme, les plages de Hong Kong se sont recouvertes d’une drôle de mousse blanchâtre. 13 plages ont été fermées pour organiser le nettoyage des plages. Même si les autorités chinoises assurent qu’il n’y a aucun risque pour la santé, les associations environnementales avertissent des possibles dangers que représente cette « marée blanche. »

Impossible de distinguer le sable fin sous l’épais manteau blanc qui a recouvert les plages de Hong Kong depuis la collision de deux navires jeudi 3 août dans l’estuaire de la rivière des Perles. La mer, qui paraît graisseuse, vient lécher le littoral, métamorphosé en un triste amoncellement anarchique de polystyrène.

D’après l’AFP, 1 000 tonnes d’huile de palme, sur les 10 000 que transportait l’un des deux navires, auraient été déversées dans les eaux. A l’heure actuelle environ 50 tonnes ont été récupérées dans les eaux de Hong Kong et 38 dans la région de Guandong. 13 plages ont été fermées pour permettre aux équipes de nettoyage d’endiguer la dispersion de l’huile et d’assainir les plages. 80 % des plages doivent encore être nettoyées…

Crédits photos : Sea Shepherd, Gary Stokes

Si les autorités chinoises ont bien mis en avant que l’huile de palme était « sans danger pour le corps humain » – il vaut mieux en effet éviter de faire peur aux touristes venus profiter des plages pour la saison estivale – cette affirmation est loin de faire l’unanimité. Comme le rapporte consoglobe, d’après Samantha Lee, responsable de la conservation au WWF de Hong Kong, nous n’avons aucune connaissance des risques que pourraient présenter la substance après oxydation.

Par ailleurs, d’après Gary Stokes de l’association Sea Shepherd, les conséquences sur l’écosystème marin pourraient être dramatiques. En effet, il souligne que l’huile de palme est un véritable « aimant à bactéries » qui pourrait conduire à un phénomène de « marée rouge », c’est-à-dire à la prolifération de micro-organismes (algues et planctons notamment). Or, ces micro-organismes consommeraient énormément d’oxygène et pourraient donc par la suite conduire au départ de nombreux poissons, ou plus grave, à leur intoxication.

(Le funeste festin d’un banc de poissons) Crédits photos : Sea Shepherd, Gary Stokes

Mais à plus forte raison, c’est toute la chaîne alimentaire qui pourrait être contaminée par les quelques 80 espèces toxiques qui prolifèrent au sein de ce genre de phénomènes. Comme le rapporte futura-sciences :

« Ces efflorescences spectaculaires d’algues peuvent toutefois devenir, dans certains cas, un véritable cauchemar en raison des pertes économiques qu’elles infligent à l’aquaculture, à la pêche et au tourisme, de la menace qu’elles font planer sur l’environnement et des risques d’épidémies pour les humains. Parmi les espèces de microalgues, environ 80 seulement sont capables de produire des toxines suffisamment puissantes pour contaminer l’homme par l’intermédiaire des poissons, des crustacés et des mollusques. Les conséquences peuvent être dramatiques pour la victime d’une intoxication alimentaire. »

De belles perspectives d’avenir donc pour l’écosystème marin hongkongais qui est peut-être en train de donner naissance à une nouvelle forme de catastrophe environnementale : la « marée blanche. » Heureusement, le gouvernement assure qu’il n’y a rien à craindre.

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