La naissance des coiffeurs bio

Mauvaise Haleine

Il vient travailler à bicyclette dans son tout nouveau salon de la rue Le Chapelier, à Bordeaux. John Chiron fait partie des rares coiffeurs engagés dans une démarche « bio ». S’appuyant sur une formation de bio-esthéticien, il travaille surtout la fibre capillaire et le cuir chevelu, en utilisant shampoings et laques bio « selon la saisonnalité, afin de respecter le cycle des cheveux ». Ils se comptent au moins deux. Vincent Portal, quant à lui, est coiffeur à domicile depuis un an. « Je n’utilise plus aucun produit chimique. Pour les colorations, il n’existe qu’une marque, allemande, qu’on trouve d’ailleurs dans des magasins spécialisés : c’est 100 % végétal. »

Pélerinage bio

coiffureSeul défaut, au lieu de vingt minutes de pose, quatre heures sont nécessaires ! « Il suffit alors de mettre une charlotte ou un turban… et de faire autre chose. Je me refuse à utiliser des produits chimiques à même le cuir chevelu, car c’est un véritable danger. » Après vingt ans de métier, sa décision fut prise au retour d’un pélerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle : « 800 km à pied dans la nature ! Plus globalement, ma démarche professionnelle, c’est un style de vie. »

Président régional de la Chambre syndicale de la coiffure, vice-président de la Chambre de métiers, le Bordelais Jean-Louis Carpentier n’élude pas la thématique environnementale à la laquelle la profession, comme tant d »autres, se trouve confrontée. « C’est le Conseil fédéral de la coiffure française qui fait la politique artisanale de la coiffure. Cela fait un moment que nous sommes dessus. Au niveau départemental, nous avions même travaillé avec Alain Juppé. Mais ce n’est pas encore finalisé. »

Des contacts viennent d’être établis avec le Ministère de l »écologie. « A la base, il faut créer des produits non nocifs pour l’utilisation, qu’on puisse rejeter sans danger pour l’environnement. Une marque française et deux allemandes effectuent de la recherche. Je m’y suis aussi engagé par rapport à la Chambre de métiers » (NDLR : laquelle incite fortement certaines professions à effectuer des efforts dans ce sens).

Pouvoir utiliser des produits bio pour les permanentes, les colorations et les décolorations « c’est réduire le degré de nocivité ! »

Patrick Faure sudouest.com

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