Créer du neuf à partir des chutes industrielles : les entreprises engagées prennent de l’ampleur !

Mauvaise Haleine

L’upcycling ou surcyclage, qui désigne le fait de récupérer des matériaux jetés pour les transformer en produits de meilleure qualité, est en train de prendre de nouvelles dimensions ! Jusqu’alors largement réservé à l’artisanat d’art ou au design, des entreprises françaises entendent bien ouvrir l’ère de l’ « écologie industrielle » en augmentant leur production.

« Au cours de son processus de production, l’industrie française rejette plus d’un tiers de la matière première qu’elle transforme pour répondre à notre besoin croissant de consommation. » Police 24, caractères gras, la phrase qui fait office d’en-tête de la page d’accueil du magasin Maximum attrape l’œil et frappe fort. Nous produisons beaucoup parce que nous consommons beaucoup (ou l’inverse) mais il ne faut pas oublier que nous jetons également constamment et ce, dès le processus de fabrication des produits.

Maximum est une petite entreprise à douze mains, basée à Ivry-sur-Seine, qui entend justement créer des meubles à partir des chutes industrielles avant qu’elles ne partent immédiatement à la poubelle. Plutôt que de voir ces pertes comme des déchets, l’équipe de Maximum a pris le parti de les voir comme des ressources particulièrement riches. En effet, comme ils le soulignent sur leur site, « produire à partir de ces déchets, c’est avant tout valoriser le travail déjà réalisé sur la matière », une matière qui a déjà été transformée et qui a une forme récurrente.

« Nos meubles vident les poubelles de nos partenaires, tout en préservant notre terre de l’extraction des ressources qui aurait été nécessaire à leur production. »

Jusqu’à présent, les acteurs qui avaient fait le pari de l’upcycling se résumaient aux artisans d’art ou aux designers en quête de matières très chères à un moindre coût. Mais il semblerait que le marché soit sur le point de s’ouvrir, notamment grâce à des acteurs comme Maximum qui croient en l’avenir de la filière. L’un des fondateurs, Arnaud Bernoud, en souligne le potentiel : « Les déchets de chutes de production représentent environ 34 millions de tonnes par an et Maximum en traite actuellement 7 tonnes ». Ça laisse de la marge pour que d’autres entreprises leur emboîtent le pas !

Le problème reste néanmoins que les entreprises ne sont absolument pas incitées à adopter cette démarche de réduction des déchets. Même si les industriels payent en fonction du volume de leurs déchets, il est plus simple de laisser la gestion des déchets telle qu’elle est plutôt que de changer de modèle. Pourtant, comme l’explique Jean-Charles Caudron, chef du service Produits et efficacité matière de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) :

« Au lieu de devoir payer pour éliminer un déchet, l’industriel va peut-être le donner gratuitement ou même payer moins cher à celui qui va le reprendre, voire le lui vendre si la matière a beaucoup de valeur ».

L’autre problème majeur est également (encore et toujours) celui du prix. Qui dit fabrication locale, artisanale, et durable, dit prix inaccessibles, ou du moins bien plus élevés que la moyenne.

Quoi qu’il en soit, le phénomène est en plein essor, et on peut espérer que d’ici quelques années ces produits issus de l’ « écologie industrielle » prennent leur part du marché !

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