Arrêtons d’être complices de l’obsolescence programmée, des alternatives existent !

Mauvaise Haleine

Smartphone et ordinateurs, nos meilleurs amis

Vous êtes probablement en train de lire cet article sur un téléphone portable ou un ordinateur. Nous sommes tous rivés à nos écrans, de plus en plus en plus souvent. Cette année, une étude réalisée sur des étudiants américains a ainsi montré qu’ils déverrouillaient leur téléphone 50 fois par jour, pour un total de 4 heures de consultation quotidienne ! La faute aux notifications incessantes de nos applis préférées, rendant notre cortex préfrontal contraint d’y prêter attention. Nous voilà donc reliés à nos écrans, partout, bien trop souvent.

Avec un tel besoin pour la connexion permanente, pas étonnant que le nombre de smartphones vendus dans le monde ait triplé entre 2012 et 2017 : de 156 à 428 millions d’unités vendues ! Et, même si leur vente a baissé ces dernières années, les ordinateurs ne sont pas en reste, avec pas loin de 300 millions d’unités vendues en 2015.

Une consommation frénétique de produits pourtant très polluants

Pour autant, notre fonctionnement cognitif n’est pas le seul à blâmer dans cette surconsommation de produits électroniques. Les marques lancent chaque année des opérations « charme » titanesques pour nous convaincre d’acheter le dernier modèle en vogue, comme les traditionnelles keynotes d’Apple. Et pour s’assurer que nous soyons plus facilement tentés de changer d’équipement électronique, les constructeurs abusent de différentes techniques pour rendre nos produits obsolètes le plus rapidement possible : en les rendant impossibles à réparer ou incompatibles d’une version à l’autre (mise à jour de logiciels, nouvelle prise de chargeur…). Cette technique, tristement connue des consommateurs, est celle de l’obsolescence programmée. Résultat, en 25 ans, la durée moyenne d’utilisation d’un ordinateur a été divisée par 3, passant de 10 à 3 ans.

Source : Fairphone

Tous ces jouets électroniques ont un coût énergétique et humain colossal. Par exemple, la fabrication d’un ordinateur de bureau nécessite 100 fois son poids en matières premières. L’extraction de ces précieux métaux se fait au plus grand malheur de populations fragiles, notamment en Afrique. Selon l’UNICEF, en 2014, environ 40 000 enfants travaillaient dans les mines dans le sud de la RDC. Parmi eux, une grande majorité se fait exploiter dans des mines de cobalt, l’un des composants essentiels de nos produits électroniques. L’exploitation de leurs ressources entraîne une instabilité géopolitique et de violents conflits dans ces pays.

Source : Amnesty

Les humains ne sont pas les seuls à subir cette activité minière. Extraire et raffiner ces métaux nécessite une énergie colossale qui génère 5% des émissions anthropiques de gaz à effet de serre. Pire, malgré ce coût de production désastreux, nos déchets électroniques ne sont que peu voire pas du tout recyclés. Un smartphone contient au minimum 40 métaux. Seuls 9 de ces 40 métaux ont un taux de recyclage supérieur à 50%. Nos portables, selon l’ADEME, représentent ainsi 22% de notre impact quotidien sur la pollution de l’air, et génèrent 234% de notre production quotidienne de déchets dangereux. Chaque année, entre 550 000 et 1,3 million de tonnes de déchets électriques et électroniques sont exportés illégalement et nourrissent les décharges sauvages en Afrique et en Asie.

Pour une high-tech responsable

Face à ce triste constat, des acteurs émergent pour attirer l’attention des pouvoirs publics et offrir des alternatives aux consommateurs. Ainsi, le 17 septembre 2017, l’association « Halte à l’Obsolescence programmée » (HOP) a porté plainte contre des fabricants d’imprimante. Les fondations « Pain pour le prochain » et « Action de Carême » ont réalisé un classement éthique des 10 marques de téléphones, de tablettes et d’ordinateurs les plus vendues en Suisse.

Source : http://www.hightech-rating.ch/fr/

Niveau législatif, depuis le 18 mars 2016 en France, la garantie légale de conformité des produits est étendue à deux ans. Concrètement, si un vendeur essaie de vous vendre une garantie de deux ans sur votre nouvel ordinateur ou smartphone, c’est maintenant une escroquerie. Pour « Amis de la Terre », cette mesure reste insuffisante. Ils préconisent d’étendre la durée de garantie légale de 2 à 10 ans afin de s’assurer que les biens soient conçus pour durer et être réparés. L’allongement de la durée de vie des produits doit être la priorité afin de retarder l’apparition des déchets électroniques. L’ONG milite en faveur d’une politique nationale pour améliorer la performance et la qualité du recyclage en France.

« Pour y parvenir, tous les déchets produits en France doivent être captés pour stopper le développement des filières illégales. Le renforcement des dispositifs des contrôles et de la transparence de la filière doit contribuer à lutter contre les pratiques illégales. Enfin, pour être économiquement plus équilibrée, la filière du recyclage des DEEE doit mieux intégrer en amont les questions de fin de vie tant pour accroître la recyclabilité des produits que pour donner une seconde vie aux matières issues du recyclage. »

Pour les consommateurs, un high-tech responsable implique de repenser notre utilisation de ces outils. Bas Van Abel, PDG et Fondateur de Fairphone, pose la question :

« De quoi les gens ont-ils vraiment besoin ? Si vous êtes un gamer qui veut absolument le processeur le plus rapide possible, vous aurez peut-être besoin de changer rapidement de matériel. Mais la plupart des gens s’intéressent toujours aux mêmes applis. Pourquoi changer de téléphone si c’est pour continuer de jouer à Candy Crush ? »

Source : Fairphone

Le Fairphone est un smartphone modulaire, conçu pour être réparé et donc durer. La première année, l’entreprise a vendu 25 000 téléphones qui n’existaient pas encore, preuve que nous sommes de plus en plus conscients des enjeux liés à notre consommation électronique. En France, l’opérateur téléphonique Orange l’a bien compris et distribue le Fairphone depuis le 28 septembre 2017. Les petites structures indépendantes ne sont pas pour autant en reste. La coopérative française Commown va encore plus loin dans la démarche pour encourager la diffusion d’appareils électroniques éthiques en France. A l’inverse du modèle dominant basé sur la possession individuelle, le modèle Commown promeut la mutualisation et l’usage en LOUANT les appareils à ses membres. Le système de coopérative de location incite les personnes à prendre le plus soin possible de leur matériel puisque chaque membre est copropriétaire de l’ensemble de la flotte. Les utilisateurs des appareils ont également accès à un ensemble de services facilitant leur entretien et réparation.

Pour 19 euros par mois, Commown proposera ainsi le Fairphone à la location en Janvier 2018, dès la fin du contrat d’exclusivité d’Orange. Côté ordinateurs, Commown a établi un partenariat avec des sociétés éthiques : les entreprises française M2 et A2TEO, ainsi que l’entreprise suisse Whyopencomputing. Ainsi, bien que certains ordinateurs proposés aient des châssis Asus, l’intérieur est entièrement remodelé par M² pour une durée de vie maximale et une basse consommation d’électricité. Cela permet à M² d’assurer une garantie de vie des ordinateurs portables de 5 ans.

Source : FasTech

Dans son « Guide pour un système d’information éco-responsable », WWF France liste les différentes méthodes pour une consommation éthique :

– Acheter du matériel d’occasion reconditionné (label Ordi 2.0)
– Pour le matériel neuf, privilégier les équipements porteurs d’un éco-label (EPEAT silver minimum pour l’informatique)
– Vérifier les caractéristiques techniques affichées (wattmètre en main)
– S’assurer d’une garantie minimum de 5 ans avec option de prolongation
– S’assurer qu’un ordinateur puisse être facilement mis à jour, notamment la mémoire et le disque dur
– Spécialiser le matériel en fonction des besoins réels de l’utilisateur
– Utiliser le matériel le plus longtemps possible
– Collecter et recycler le matériel en fin de vie

Des solutions existent, à nous d’agir au mieux pour favoriser l’apparition d’un high-tech le plus responsable possible.

Source : https://lareleveetlapeste.fr/

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