770 000 tonnes d’eau radioactive vont être déversées dans l’océan au large de Fukushima

Mauvaise Haleine

« On verra bien si ça passe », cette phrase est sans aucun doute passée par la bouche des dirigeants du projet TEPCO et du gouvernement japonais avant de signer l’autorisation de déversement des tonnes d’eau radioactive dans l’océan. N’est-ce pas ?

Coupable nettoyeur

11 mars 2011 – tout le monde se souvient du tsunami qui a causé l’accident de Fukushima Daiichi. Funeste journée. Depuis, l’entreprise TEPCO (Tokyo Electric Power Energy) est en charge de démanteler, dépolluer et indemniser le site de Fukushima lors d’un chantier d’une centaine d’année, s’élevant à 177 milliards d’euros. C’est pourtant cette même entreprise qui a été accusée de manquements aux normes élémentaires de sécurité, causant les défaillances des générateurs d’urgence lors du tsunami.

Un processus de décontamination défaillant

Les travailleurs du site doivent quotidiennement injecter des centaines de mètres cube d’eau douce dans trois des six réacteurs de la centrale afin de refroidir les cœurs. Toute cette eau est ensuite récupérée afin d’être décontaminée. Seulement, la technologie actuelle permet de décontaminer 62 des 63 matières radioactives présentes sur le site – celle qui manque à l’appel n’est autre que le tritium, l’un des trois isotopes de l’hydrogène (pour ceux que cela intéresse : les isotopes sont des atomes qui possèdent le même nombre d’électrons – et donc de protons pour rester neutre – mais un nombre différent de neutrons.

Les isotopes d’un élément (ici l’hydrogène) ont des propriétés chimiques identiques mais des propriétés physiques différentes (stables ou radioactifs)). Tout ça pour dire que le tritium n’est actuellement pas dé-contaminable et qu’il est radioactif sur une durée moyenne de 12,3 ans (ce qui est assez court pour une matière radioactive).


Un stockage trop onéreux

A cause de cette radioactivité notoire, l’entreprise japonaise TEPCO stocke depuis 2011 l’eau contaminée au tritium sur le site de Fukushima à raison de 350 tonnes par jour. Aujourd’hui, le site abrite 580 réservoirs, soit 770 000 tonnes d’eau. La gestion et les incidents liés à ce stockage massif et croissant ont poussé l’entreprise à faire une demande au gouvernement pour pouvoir rejeter ces eaux directement… dans la mer ! Alors, « heureusement » que les spécialistes en faveur du déversement estiment que le tritium pourra être facilement dilué dans l’immensité de l’océan ; et que, de toute manière, le tritium est déjà présent en quantités infimes à l’état naturel.

Advienne que pourra

Champagne dans les bureaux de TEPCO donc, à l’annonce de l’autorisation du gouvernement du rejet dans l’océan des milliers de tonnes d’eau contaminée. Plus juteux que prévu ce petit marché de la décontamination ! Si ce projet abouti, les frais de gestion seront largement amputés. D’un côté, les pêcheurs ayant timidement repris la pêche dans la zone qui entoure Fukushima craignent « une nouvelle vague de rumeurs non fondées » et de l’autre, personne ne peut attester des conséquences de ce rejet.

En effet, 6 ans après la catastrophe, ce sont toujours 40% d’espèces qui sont impropres à la consommation selon les normes japonaises, déjà rabaissées d’un cran depuis le 11 mars 2011 et des milliers de personnes malades. L’ONG locale Green Japan dénonce un manque suffisant de moyens pour gérer cette contamination :

« Cet accident est arrivé il y a plus de six ans et les autorités auraient dû travailler à un moyen d’éliminer le tritium au lieu de simplement annoncer qu’ils vont le relâcher dans l’océan. Ils disent qu’il n’y a rien à craindre car ce sera dilué dans l’immensité de l’océan mais il n’y a aucun précédent qui prouve que déverser des déchets nucléaires dans l’océan est sans risque ».

Du coup, si l’on est pas au courant des dommages, si les risques ne sont pas écrits noir sur blanc et que « le temps nous répondra », alors allons-y ! C’est parti pour une piscine party pour le tritium et puis advienne que pourra pour l’écosystème du Pacifique.

Agissons avec voix, plumes et claviers

Il est capital que nous usions tous de nos porte-voix à travers le monde pour enjoindre le gouvernement japonais et le ministre de l’Environnement Koichi Yamamato à faire marche arrière. Les eaux se meuvent à travers le monde et ce déversement pourrait avoir des conséquences écologiques, économiques et sociales désastreuses.

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